Non classé
Leave a Comment

Faire ‘comme si’

IMG_20190724_144327 (1)Avez-vous déjà été en colère mais au moment d’en parler avec la personne concernée, le courage vous manque et vous n’arrivez pas à vous exprimer? Ou pire, vous faites comme si tout va bien? Dans la psychothérapie corporelle intégrée (PCI), nous explorons les écarts d’authenticité dans les relations interpersonnelles.

Faire semblant

À quoi bon de ‘faire semblant’? et pourquoi est-ce si difficile de confronter l’autre ouvertement, pour enfin se sentir mieux? Dans le bureau de la psychothérapeute, nous prenons le temps de comprendre cette réaction qu’on peut interpréter comme un indice d’envahissement. Quelque chose a été dit ou fait (ou n’a pas été dit, n’a pas été fait) qui a blessé. La colère monte et ça serait approprié de nommer son expérience pour régler la situation de façon mature. Mais quand vient le moment, la colère semble disparaître et la personne n’ose plus parler pour préserver le lien. Pourquoi prendre le risque d’être rejetée ou abandonnée? Dire ou pas dire? C’est coinçant!

Apprivoiser le prédateur

En termes neurobiologiques, ‘faire comme si‘ s’apparente à une séduction secrète que l’on pourrait nommer ‘apprivoiser le prédateur’. Cela fait partie de la gamme des réactions de survie en lien avec notre évolution d’espèce. En faisant semblant, à l’instar d’un crapaud qui fige, on évite l’attaque de l’autre, mais la tension demeure.

Pour dénouer la réaction automatique de survie, nous devons retracer la source de l’empreinte relationnelle qui aurait fait figer la personne dans son passé. Vraisemblablement cela remonte à l’enfance ou l’adolescence, les deux grandes périodes de foisonnement cognitif, émotif, psychosocial, etc. Qu’on le veuille ou non, les parents–ces deux géants–influencent avec leurs personnalités et leurs dynamiques. Lorsqu’il y a du stress, des débordements ou des crises dans la famille d’origine, la jeune personne développe des stratégies d’adaptation défensives pour protéger son intégrité quand elle se sent menacée.

Avancer et reculer 

S’il* se sent trop seul, triste ou abandonné, ou s’il a l’impression que le parent est en détresse, l’enfant s’avance pour l’aider et pour recevoir de l’attention. Lorsqu’il est envahi ou blessé, il recule et se retranche pour se protéger. Mais lorsque les deux blessures émotionnelles sont présentes en même temps, par exemple si un parent colérique blâme mais se désinvestit, cela devient trop difficile à tolérer. La vigilance et l’ambivalence s’installent car la sécurité est perdue. Il n’est pas possible de s’avancer pour se consoler. La peur stimule la réaction de survie, ce qui enclenche dans le système nerveux un mouvement de fuite, mais dans l’environnement familial, celle-ci est bloquée. Pas possible d’avancer, ni de reculer, c’est la ‘double contrainte’.

Comme adulte, cette blessure relationnelle crée la tendance à garder l’autre à distance, ni trop proche, ni trop loin. On souhaite l’amour, on l’attire mais on le repousse pour ne pas être vulnérable dans l’intimité. Ne pas s’engager, ni mettre un terme, douter, désirer, rationaliser, éviter…ce n’est pas reposant!

La faille d’authenticité

Et c’est dans cet espace qu’on protège son image par la faille d’authenticité. La colère fait en sorte qu’on ne se laisse pas dire quoi faire, qu’on se fait une idée toute faite de comment les choses devraient se dérouler et qu’on y tient à tout prix! Les raisonnements et justifications servent à ne pas sentir l’impuissance et le déchirement douloureux d’avoir été envahi et abandonné à la base, par un parent censé nous aider.

Comment sortir de l’impasse? La psychothérapeute apaise la cliente en créant un lien non-menaçant, rassurant par sa solidité et son détachement. Elle encourage la cliente à être plus vivante en augmentant sa conscience corporelle pour enfin ressentir et nommer ce qui est vrai pour elle, sans jugement et sans rien forcer.

Reconnaître le style défensif

La thérapeute PCI suit le va-et-vient de la présence en relation, sans pour autant entrer en collusion avec la défense, mais pour la rendre visible. L’emphase est mise sur le processus relationnel et non le contenu (l’histoire que la personne se raconte). Grâce à la respiration et à la résonance émotionnelle vécue dans le corps à travers l’alliance psychothérapeutique, l’intimité avec soi-même et les autres est rétablie.

Vive l’expansion du vrai-soi et bye-bye les défenses!

–Heather Veltman, Ph.D.

*Le genre est expressément alterné dans ce texte

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s